
L’intervention de la Première ministre sur TV5 Monde continue d’alimenter le débat public. Face aux critiques, l’ambassadeur PCA JEAN THIERRY MONSENEPWO est monté au créneau pour défendre la cheffe du gouvernement, JUDITH SUMINWA TULUKA dénonçant des interprétations qu’il juge hâtives et insuffisamment fondées.
Dans sa prise de position, il insiste sur la nécessité de « rétablir une lecture rigoureuse des faits », rappelant que la responsabilité d’État ne saurait être confondue avec une logique de spectacle médiatique. Selon lui, l’intervention de la Première ministre ne peut être évaluée à l’aune d’une exigence de transparence instantanée et exhaustive, comme si la gestion des affaires publiques relevait d’un exercice de divulgation en direct.
L’ambassadeur met en avant les principes qui encadrent les relations internationales et la gestion migratoire, notamment la hiérarchisation de l’information, la protection des données sensibles et le respect des canaux institutionnels de communication. Il souligne que les informations relatives à l’identité et à la nationalité des migrants ne sont pas de simples données anecdotiques, mais relèvent de considérations juridiques, diplomatiques et parfois sécuritaires.

« Leur divulgation obéit à des procédures strictes et ne peut intervenir de manière improvisée sur un plateau de télévision », fait-il valoir, estimant que toute communication en la matière doit se faire dans un cadre maîtrisé.
Pour JEAN THIERRY MONSENEPWO, loin de traduire une quelconque défaillance, l’attitude de la Première ministre s’inscrit dans une logique de responsabilité étatique. En s’abstenant de livrer des informations sensibles en dehors des circuits appropriés, elle aurait, au contraire, respecté les exigences de la gouvernance contemporaine.
Il met également en garde contre une lecture « superficielle, voire politisée » de la situation, rappelant que la diplomatie et la conduite des affaires publiques ne relèvent ni de l’improvisation ni de la mise en scène. Elles reposent, selon lui, sur un équilibre entre transparence, maîtrise de l’information et protection des intérêts nationaux.
Par ailleurs sur le fond, l’ambassadeur rappelle que la position du gouvernement demeure « constante et sans ambiguïté » : il s’agit d’un accord temporaire, encadré et financé par les États-Unis, mis en œuvre dans le strict respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, il appelle à dépasser les réactions émotionnelles pour privilégier une analyse de fond, centrée sur l’action d’un État qui agit avec méthode, discernement et sens des responsabilités.
Enfin, JEAN THIERRY MONSENEPWO estime que la Première ministre « n’a pas manqué à son devoir », mais l’a exercé avec « la retenue et la rigueur qu’exige la conduite des affaires de l’État ».
Gary Ngali
