
Le député national réélu de l’Ituri et président du Conseil d’administration de la CNSS, Paul Babangu Wababu, plaide pour un débat sans tabou sur la Constitution de la République démocratique du Congo. Pour cet élu, refuser toute discussion sur la loi fondamentale revient à condamner le pays à l’immobilisme face aux défis sécuritaires, politiques et institutionnels actuels.
« Figer nos textes fondamentaux reviendrait à assujettir la Nation et à bloquer son évolution », soutient-il, estimant que la Constitution doit demeurer un instrument au service du peuple et de l’intérêt national.
S’appuyant sur les articles 4 et 5 de la Constitution, qui consacrent la souveraineté nationale et le pluralisme politique, Paul Babangu considère que le débat constitutionnel constitue un exercice démocratique légitime. Selon lui, les Congolais ont le droit de réfléchir librement à l’organisation de leurs institutions afin de les adapter aux réalités du moment.
L’élu de l’Ituri rejette par ailleurs les accusations associant la révision constitutionnelle à une éventuelle remise en cause de l’alternance démocratique.
« L’objectif n’est pas d’opérer un forcing pour un troisième mandat ou de violer le principe sacré de l’alternance démocratique. Il s’agit plutôt d’évaluer sereinement notre architecture institutionnelle pour l’adapter à nos réalités », précise-t-il.
Au-delà de la question institutionnelle, Paul Babangu estime que le statu quo profite principalement aux ennemis de la souveraineté congolaise. Pour lui, certaines puissances hostiles et leurs relais trouvent avantage dans le maintien d’un système qu’il juge inadapté aux défis actuels.
« Pour les pays agresseurs et leurs supplétifs, cette Constitution textuelle sert de bouclier, un arbre qui cache la forêt de leurs ambitions hégémoniques au détriment du bien-être de notre peuple », affirme-t-il.
Le député cite notamment l’opposition manifestée par le groupe terroriste ADF-MTN à toute perspective de changement constitutionnel. À ses yeux, cette hostilité n’est pas anodine et révèle l’intérêt des forces négatives à voir perdurer des institutions qu’il considère fragilisées.
« Maintenir nos institutions dans leur fragilité actuelle fait l’affaire des forces négatives », soutient-il, ajoutant que refuser d’interroger l’efficacité des textes fondamentaux face à l’insécurité revient, consciemment ou non, à favoriser les intérêts de ceux qui agressent la République.Pour Paul Babangu, la réforme constitutionnelle doit être envisagée comme un moyen de renforcer l’État et sa capacité à protéger les citoyens.
« Choisir le changement, c’est choisir de réarmer juridiquement l’État pour protéger son peuple », martèle-t-il.
Gary Ngali
