
Kinshasa, 26 juin 2026 – La Société civile de la République démocratique du Congo est montée au créneau ce vendredi pour répondre à la récente déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) concernant le débat sur un éventuel changement de la Constitution.
Dans un point de presse tenu à Kinshasa, les responsables de cette structure ont estimé que la sortie médiatique des évêques catholiques constitue un « hold-up médiatique » visant à influencer l’opinion publique autour d’un débat qui, selon eux, demeure légitime dans un État démocratique.
La Société civile reproche notamment à la CENCO de présenter comme inéluctables des risques de balkanisation ou de guerre civile en cas de révision de la Constitution, alors qu’il ne s’agirait, selon elle, que d’un « procès d’intention ». Elle rappelle que la liberté d’expression est garantie par la Constitution, mais estime qu’elle ne doit pas servir à opposer les Congolais ou à imposer une lecture unique des enjeux politiques.

Les intervenants ont également affirmé que les responsables religieux ne peuvent parler au nom de l’ensemble des fidèles sans consultation préalable. Ils soutiennent que les préoccupations exprimées par la CENCO ne reflètent pas nécessairement l’avis de toute la communauté catholique ni de la population congolaise.
Par ailleurs, la Société civile a regretté ce qu’elle considère comme un manque de la même intensité de réaction de certains responsables religieux face à la chute de plusieurs villes de l’Est du pays, notamment Goma, Bukavu et Uvira, lors de la détérioration de la situation sécuritaire.
Tout en réaffirmant le rôle important de l’Église dans la société, les responsables de la Société civile ont appelé les chefs religieux à faire preuve de davantage de retenue, de raison et de responsabilité dans leurs interventions sur la vie publique afin de contribuer au renforcement de l’unité nationale.
Enfin, la Société civile a lancé un appel à toutes les forces vives de la nation pour lutter contre la désinformation, le non-respect de la Constitution et les discours susceptibles d’alimenter la haine, tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté du peuple congolais.
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Gary Ngali
