
Kinshasa, 14 avril 2026 — La question de l’exploitation des ressources pétrolières de la République démocratique du Congo (RDC) dans le Graben Albertine s’invite au cœur du débat parlementaire. L’honorable Babangu Wababu Paul, député national élu du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, a officiellement adressé une question orale avec débat à la ministre d’État en charge des Hydrocarbures.
Dans cette démarche, fondée sur l’article 100 de la Constitution de la République Démocratique du Congo et en application des articles 178, 179, 180, 181, 185, 186, 187 et 188 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, l’élu a le devoir dans sa qualité d’élu légitime du Peuple Congolais et de représentant national, il entend obtenir des éclaircissements précis sur la stratégie gouvernementale face aux enjeux juridiques, économiques et géopolitiques liés à cette zone pétrolifère stratégique.

Un enjeu de souveraineté nationale
Au centre des préoccupations soulevées figure la souveraineté de la RDC sur ses ressources naturelles. Le député rappelle que la loi n°15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures consacre la propriété exclusive de l’État sur les ressources du sol et du sous-sol.
Or, le Graben Albertine — un bassin pétrolier transfrontalier situé le long du lac Albert, à la frontière avec l’Ouganda — concentre d’importantes réserves encore sous-exploitées du côté congolais. Dans le même temps, l’Ouganda a déjà amorcé l’exploitation de ses blocs pétroliers à travers les projets Tilenga et Kingfisher, accompagnés de la construction de l’oléoduc EACOP vers le port tanzanien de Tanga.
Une dynamique qui, selon l’élu d’Irumu, impose une vigilance accrue de la part des autorités congolaises.
Risque de perte des ressources et urgence d’agirParmi les préoccupations majeures évoquées figure le principe hydrogéologique dit des « vases communicants ». Celui-ci suggère qu’une exploitation intensive du côté ougandais pourrait entraîner une migration des hydrocarbures situés dans le sous-sol congolais vers les zones déjà en production, causant ainsi un manque à gagner pour la RDC.

Face à ce risque, Babangu Wababu Paul appelle à la mise en place de mécanismes solides de gestion concertée des ressources transfrontalières, conformément aux pratiques internationales en matière de gisements partagés.Coopération régionale et défis infrastructurelsL’interpellation du député aborde également la question cruciale des infrastructures. Le développement d’un oléoduc national représente un investissement lourd et de longue haleine.
Dans ce contexte, il suggère d’examiner la possibilité d’une coopération régionale, notamment avec l’Ouganda, pour un accès encadré à l’EACOP.
Une telle option, selon lui, devrait impérativement garantir la souveraineté de la RDC, notamment en matière de contrôle, de fiscalité et de participation de l’État dans la chaîne de valeur.
Des attentes claires sur l’état d’avancement
Par ailleurs, l’élu exige davantage de transparence sur l’évolution des projets pétroliers congolais dans la région. Il demande au gouvernement de fournir un chronogramme précis concernant les blocs 1, 2 et 3 du Graben Albertine, incluant la finalisation des contrats de partage de production, le lancement effectif des activités d’exploration et d’exploitation, ainsi que la date prévisionnelle du premier baril commercial.
Une interpellation au cœur de la vision présidentielle
Cette initiative parlementaire s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui prône la valorisation des ressources naturelles au bénéfice du peuple congolais. Elle met en lumière les attentes croissantes en matière de transparence, de gouvernance et de protection des intérêts nationaux dans un secteur aussi stratégique que celui des hydrocarbures.

Enfin, la réponse de la ministre des Hydrocarbures est désormais attendue devant la représentation nationale, dans un contexte où les enjeux énergétiques et économiques de la RDC suscitent une attention particulière, tant au niveau national que régional, a-t-il conclu.
Gary Ngali
