
_Le 17 mai n’est pas une date ordinaire dans l’histoire de la République démocratique du Congo. C’est une fracture historique. Une date qui sépare plusieurs Congo. Le Congo de l’effondrement. Le Congo de la survie. Puis le Congo de la reconstruction et enfin celui de la relance_._Car pour comprendre le Congo d’aujourd’hui, il faut sortir des émotions, des slogans et des récits idéologiques. Il faut regarder les chiffres. Les vrais chiffres. Ceux qui racontent l’état réel d’une nation_.
DE 1997 À 2001-2018 : LE CONGO DE L’AFDL ET DE SA CONTINUITÉ IDÉOLOGIQUE — ENTRE RELANCE ET EFFONDREMENT .
Entre le 17 mai 1997 et le début des années 2000, la RDC traverse l’une des périodes les plus dramatiques de son histoire moderne.Le pays est plongé dans une guerre régionale d’une violence inouïe. L’économie s’effondre. L’administration implose. L’État perd progressivement le contrôle de vastes portions du territoire national.
À cette époque :
● l’accès à l’électricité reste inférieur à 10 % ;
● l’accès à l’eau potable tourne autour de 32% ;
● près d’un Congolais sur deux ne sait ni lire ni écrire correctement ;
● l’espérance de vie dépasse à peine les 50 ans.
Le Congo est alors un État en survie. Mais dès la Transition de 2003, les choses commencent lentement à évoluer.
Et les Congolais doivent comprendre une vérité fondamentale : la stabilité monétaire est le reflet direct de la stabilité politique et institutionnelle d’un pays. Lors de la relance du franc congolais en 1998, notre monnaie était introduite pratiquement à parité psychologique avec le dollar américain :
● 1 USD équivalait environ à 1,3 à 1,5 franc congolais.Vingt ans plus tard, en 2018 :
● 1 USD équivaut environ à 1 600 francs congolais.Autrement dit :
● le franc congolais a perdu plus de 99,9 % de sa valeur face au dollar en vingt ans.
● Ce qui coûtait 1 dollar en 1998 nécessitait près de 1 600 fois plus de francs congolais vingt ans plus tard. C’est dire l’ampleur de la destruction économique qu’a connue notre pays.
Et pourtant, malgré cette crise historique, le Congo commence progressivement à sortir du coma. L’accès à l’électricité progresse lentement pour atteindre environ 14 à 16 % de la population à la veille de 2019. L’accès à l’eau potable remonte progressivement autour de 42 %. Le taux d’alphabétisation passe d’environ 47 % au début des années 2000 à plus de 57 % à l’approche de 2019.L’espérance de vie progresse elle aussi :● de près de 50 ans ;
● à environ 55 ans. Soit cinq années de vie gagnées en près de vingt ans.
Le pays quitte lentement la phase de survie absolue.
Mais malgré cette stabilisation progressive, la RDC reste profondément marquée :

● par la pauvreté massive ;
● la faiblesse des infrastructures ;
● les retards de paiement ;
● l’instabilité chronique dans l’Est ;
● et un État encore extrêmement fragile.
Le budget national passe alors de 700 millions à environ 4 milliards de dollars en près de vingt ans.
Soit une augmentation d’environ 471 %. Une progression importante certes. Mais encore insuffisante pour transformer structurellement le pays.
DE 2019 À 2026 : LE CONGO DE LA RELANCE ET DU RETOUR DE L’ÉTAT .
Puis arrive 2019.
Et malgré la guerre imposée à notre pays. Malgré le COVID. Malgré les crises mondiales. Malgré les campagnes de déstabilisation politique et économique…La RDC entre dans une nouvelle phase historique : celle de la relance économique et institutionnelle.
Le budget national passe d’environ 4 milliards de dollars à plus de 22 milliards aujourd’hui .Soit une augmentation d’environ 450 % en seulement 7 ans. Un rythme de croissance budgétaire quasiment sans précédent dans l’histoire contemporaine de notre pays.
Et si l’on prend la trajectoire complète :
● de 700 millions de dollars en 2001 ;
● à plus de 22 milliards aujourd’hui ;cela représente :une augmentation historique d’environ 3 043 %. Les réserves de change passent elles aussi :
● d’environ 1 milliard ;
● à plus de 6 milliards de dollars.Soit une augmentation spectaculaire de 500 % en 7 ans.Pendant des décennies, l’inflation avait détruit notre économie, pulvérisé le pouvoir d’achat des familles et anéanti la confiance dans notre monnaie. Aujourd’hui, malgré les tensions mondiales, cette inflation reste globalement maîtrisée.Et surtout, le changement devient visible dans la vie quotidienne des Congolais.
L’accès à l’électricité passe :
● d’environ 14-16 % ;
● à 22,7 % aujourd’hui.
L’accès à l’eau potable progresse :
● de 44 % ;
● à près de 58 %.Le taux d’alphabétisation approche désormais les 80 %, contre environ 57 % il y a deux décennies.
L’espérance de vie atteint près de 62 ans aujourd’hui. Des milliers de kilomètres de routes sont réhabilités ou reconstruits à travers le pays.Et surtout, fait historique majeur : l’État paie. Régulièrement. À temps.
Fonctionnaires. Militaires. Policiers. Personnel politique. Ce qui paraissait impossible il y a vingt ans devient progressivement une normalité institutionnelle. Un qui paie ses agents est un État qui existe.
Et pendant ce temps, sur le plan économique, la RDC passe progressivement :
● de la quatorzième place ;
● à la cinquième puissance économique d’Afrique subsaharienne en potentiel stratégique et dynamique de croissance;
● nous citerons pas ici les universités construites et en construction. Du jamais vu dans l’histoire contemporaine du pays.Alors une question se pose :
Pourquoi parle-t-on toujours du Congo qui souffre…et jamais du Congo qui résiste ?Du Congo qui avance ?
Du Congo qui se relève ?
Du Congo qui reconstruit son État au milieu de la guerre ?
LA VÉRITÉ HISTORIQUE Non, tout n’est pas parfait. Oui, les défis restent immenses. Oui, la guerre continue de ralentir notre développement. Mais les chiffres racontent désormais une réalité que même les plus grands pessimistes auront de plus en plus de mal à nier :
Le Congo de 2026 n’est plus celui de 2001.Et encore moins celui de 1997. Nous sommes passés :
● d’un État au bord de l’effondrement ;
● à un État en reconstruction ;
● puis progressivement à un État qui recommence à projeter de la puissance économique, diplomatique et stratégique en Afrique. Le défi désormais est clair :Transformer enfin notre immense potentiel en puissance pleinement organisée.Et cela demandera :
● de la stabilité ;
● de l’unité ;
●de la discipline nationale ;
● et surtout une foi renouvelée dans le destin historique du Congo. Car un peuple qui cesse de croire en lui-même finit toujours par devenir la propriété des autres.
Et le Congo n’a pas vocation à appartenir aux autres.
Le Congo a vocation à redevenir une puissance.
Gary ngali
